Depuis un an, Andreas Almgren, un suédois de 30 ans, est devenu l’un des noms les plus commentés de l’athlétisme européen. À chaque apparition sur route, le Suédois repousse un peu plus les limites chronométriques du continent. C’est simple, Almgren c’est : record d’Europe du 5000 m, du 10 km et du semi-marathon. Des performances réalisées à chaque fois avec une aisance presque déroutante.
Mais d’où vient ce coureur hors norme qui semble repousser les limites du possible ?
Un profil à contre-courant des standards du fond
Rien ne prédestinait Andreas Almgren à devenir un phénomène de la route. Formé comme coureur de 800 mètres (avant ça il faisait même du football !), il a longtemps évolué dans un univers où la vitesse pure, la puissance lactique et les qualités neuromusculaires priment sur l’endurance.
Dès 2014 chez les juniors, Almgren s’offre une place sur les podiums internationaux en terminant 3ème aux mondiaux sur le 800m à Eugene. Ce bagage de demi-fondeur explique aujourd’hui sa capacité à maintenir des allures très élevées sur route, avec une économie de course assez exceptionnelle.
Mais cette orientation initiale a aussi eu un revers. Les distances courtes, très exigeantes pour le corps, l’ont exposé à une succession de blessures. La même année, à 18 ans : première fracture de fatigue. Au total ? 8 fractures entre 2014 et 2019. Plutôt que de subir, Almgren a choisi d’adapter son projet sportif. Progressivement, il a allongé les distances, augmenté son volume d’entraînement et modifié son approche, jusqu’à trouver un terrain d’expression plus durable sur le 10 km et le semi-marathon.
Un changement de distance réfléchi mais pas subi
Contrairement à de nombreux athlètes contraints de « descendre » ou de « monter » de distance en fin de carrière, Almgren a fait ce choix au moment clé de son développement. Son objectif était clair : préserver son intégrité physique tout en exploitant pleinement ses qualités physiologiques.
Sur le long, les contraintes diffèrent : moins d’explosivité maximale, plus de répétition, plus de contrôle. Un environnement idéal pour un athlète qui cherche avant tout la continuité et la progression sur plusieurs saisons. Ce choix s’est révélé déterminant, lui permettant d’enchaîner des cycles d’entraînement complets, sans interruptions majeures (fini les fractures de fatigue à répétition).
La méthode norvégienne comme colonne vertébrale
Au cœur de son explosion de performance se trouve l’adoption de la méthode d’entraînement dite “norvégienne”, devenue une référence mondiale avec les succès des frères Ingebrigtsen. Andreas Almgren a intégré cette philosophie dans sa version la plus rigoureuse, notamment avec le double seuil.
Concrètement, cela signifie deux séances clés dans la même journée, souvent le matin et l’après-midi, réalisées à des intensités proches du seuil lactique mais soigneusement contrôlées. L’objectif n’est pas de courir « à fond », mais d’accumuler un volume conséquent de travail de qualité, tout en restant dans une zone physiologiquement maîtrisée.
Ce type d’entraînement exige un très grand niveau de précision, une grande discipline et une excellente capacité de récupération. Mais il permet aussi de développer une endurance spécifique redoutable, parfaitement adaptée aux exigences du 10 km et du semi-marathon.
La stratégie d’Almgren a donc diamétralement changé : courir beaucoup plus mais bien moins vite. Avec 200km de moyenne par semaine, le suedois s’entraîne de manière solide dans des zones qui permettent à son corps de ne quasiment plus se blesser.
Les séances clés d'Andreas Almgren
Avant un gros objectif, la plupart des athlètes possède un panel de « séances clés » permettant de s’assurer d’être prêt pour un objectif visé. Par exemple, avant le 10km de Valence, le recordman d’Europe a effectué deux séances clé :
- 3x3km (r3′) : 8.00 – 7.52 – 7.43
- 10x1km (r1′) : allure moyenne : 2.34 (fréquence cardiaque moyenne 155bpm).
Une gestion millimétrée de l’entraînement et de la récupération
Andreas Almgren fait partie de cette génération d’athlètes pour qui les données sont un outil central, mais jamais une fin en soi. Il accorde une importance particulière à l’analyse de ses entraînements : allures, fréquence cardiaque, dérive cardiaque, charge hebdomadaire, qualité du sommeil (Almgren est titulaire d’une licence en génie industriel et gestion : il adore particulièrement les chiffres et les données pour essayer de s’entraîner le plus intelligemment possible).
Il s’appuie notamment sur COROS, dont il utilise les outils pour ajuster ses séances avec finesse. Cette approche lui permet d’éviter les excès, de détecter les signaux faibles de fatigue et de maintenir un équilibre constant entre charge et récupération.
Équipé de la COROS Pace Pro, Andreas Almgren développe sa condition physique grâce à des semaines régulières, qui lui permettent de construire bloc après bloc une progression linéaire.
« Je conserve une structure fixe pendant environ six semaines, que j’ajuste si nécessaire. Par exemple, j’ai repris l’entraînement complet à la mi-novembre après le semi-marathon de Valence, avec six bonnes semaines d’entraînement, puis deux semaines de préparation à la course.
Je ne pense pas que l’entraînement doive être trop rigide. Mais une fois que tu l’as définie, tu dois être cohérent avec ta programmation. »
Pour Almgren, la récupération n’est pas un élément secondaire. Elle fait partie intégrante de la performance : sommeil, nutrition, gestion du stress, journées plus légères intégrées volontairement dans le plan. Cette vision globale explique sa capacité à enchaîner les compétitions de haut niveau sans baisse notable de régime.
Une vision moderne et lucide de son sport
Au-delà des chiffres, Andreas Almgren se distingue par sa vision très mature de l’athlétisme. Il ne court pas après les records pour les records. Il privilégie la construction sur le long terme, convaincu que la performance est une conséquence, pas un objectif isolé.
Il parle souvent de patience, de constance et de confiance dans le processus. Pour lui, la réussite ne vient pas d’une séance exceptionnelle, mais de centaines de séances bien exécutées, semaine après semaine. Cette philosophie tranche avec une approche plus émotionnelle ou instinctive encore très répandue dans le monde du running.
Ambassadeur NOMIO et figure de l’innovation
Cette ouverture d’esprit se reflète aussi dans ses partenariats. Andreas Almgren est l’un des premiers ambassadeurs de NOMIO, un rôle qui illustre son intérêt pour les projets axés sur l’innovation et l’optimisation de la performance.
NOMIO, marque suédoise, est un jus de brocoli concentré, naturellement riche en composés bioactifs, notamment en précurseurs du sulforaphane. Ce type de composés est étudié pour son rôle potentiel dans l’activation des mécanismes de défense cellulaire, la gestion du stress oxydatif et le soutien des processus de récupération. Chez des athlètes d’endurance, il s’inscrit dans une approche visant à mieux encaisser les charges d’entraînement élevées : il limite la production d’acide lactique dans les muscles (repousse donc le seuil lactate) et permet naturellement de mieux encaisser les entrainements à haute intensité et mieux récupérer (pour en savoir plus, cliquez ici pour lire notre article détaillé sur le sujet).
La boisson NOMIO est un short à consommer 3h avant l’entrainement/ma compétition. Il aide à tirer le meilleur parti de chaque effort. Vous pouvez le retrouver en promotion sur le comparateur The Running Collective.
Nike comme partenaire équipement
Andreas Almgren est soutenu par Nike depuis plusieurs années. Son dernier record sur 10km, réalisé en Nike Vaporfly 4 (et record d’Europe du semi-marathon réalisé en Alphafly 3), prouve que la marque américaine, malgré sa perte de puissance ces dernières années, est toujours capable d’accompagner des athlètes au plus haut niveau européen et mondial.
Une source de crédibilité non négligeable pour Nike qui a largement été rattrapée par ses principaux concurrents ces dernières années sur le marché du running haute performance.
Almgren, l’un des demi-fondeurs les plus polyvalents et complets de sa génération
La polyvalence d’Andreas Almgren est assez unique en Europe. Sur piste, il a couru le 800 mètres en 1’45’’59, une marque établie dès ses débuts sur demi-fond, et a ensuite inscrit 3’32’’00 au 1500 mètres, ainsi que 7’31’’42 sur 3000 m — toutes deux performances nationales de Suède.
Son profil de coureur complet se confirme encore davantage sur 5000 m où il détient aussi le record d’Europe en 12’44’’27. Sur les longues distances, il a continué sur sa lancée : sur piste, il a signé un 26’52’’87 sur 10 000 m, tandis que sur route il est devenu le premier Européen à passer sous les barres mythiques des 27 minutes avec 26’46 sur 10 km (le 11 janvier 2026, à Valence) et 58’41 au semi-marathon (premier européen à passer sous la barre des 59’), temps qui sont tous deux records d’Europe. Cette série de chronos illustre un profil rare, unique et atypique : un éventail qui place Almgren parmi les coureurs les plus complets et polyvalents de sa génération.
En 2024, il avait dû renoncer aux Jeux de Paris. La raison ? Une fracture de fatigue au tibia. Un léger contretemps qui ne l’aura pas empêché de briller en 2025 avec 3 records d’Europe et une médaille de bronze aux mondiaux de Tokyo sur le 10 000m.