Analyse Nike Pour la compet Route Testing

Vaporfly Next% VS Alphafly Next% : le comparatif

Avec la sortie du modèle « Ineos » de l’Alphafly, la fameuse paire avec laquelle Eliud Kipchoge a « brisé », certes non officiellement, la barrière des 2 heures sur marathon en 2019, nous avons pensé que revenir sur les caractéristiques de cette chaussure finalement assez méconnue était une bonne idée. 

Pour cela, nous l’avons comparée à la Vaporfly Next%, l’autre chaussure à plaque carbone de Nike, qu’on ne présente plus (NDLR : si jamais vous voulez quand même en savoir plus sur la Next, vous pouvez lire notre article à son sujet ici

En effet, si la Vaporfly est unanimement plébiscitée, reconnue comme la meilleure running jamais conçue, l’Alphafly, elle, a reçu des avis plus divergents. Certains athlètes sponsorisés par Nike sont ainsi restés fidèles à la Vaporfly, même sur marathon (Bekele, Mo Farah…) quand d’autres ont basculé sur l’Alphafly sur des distances plus courtes (Vincent Luis, pour ne citer que lui)

Nous avons voulu comprendre les raisons de ces choix et de ces avis contrastés concernant l’Alphafly. Cette dernière a quand même été conçue en fonction des avis et des retours de Kipchoge himself et on imagine mal Nike créer une chaussure pour rien… 

Pourquoi avoir sorti l’Alphafly alors que la Vaporfly était déjà ultra performante ? Quelles différences existent-ils entre les deux paires ? Pour quelle utilisation ? Quel ressenti au pied ? 

Éléments de réponse : 

Caractéristiques technologiques 

Si l’Alphafly reprend les codes de la Vaporfly, avec l’inévitable présence du désormais célèbre combo plaque carbone + mousse ZoomX, permettant d’optimiser au maximum la balance entre amorti et fort retour d’énergie à chaque foulée, elle s’en distingue sur de nombreux points. 

La principale différence est évidemment la présence des 2 bulles d’air (appelées modules Air Zoom) à l’avant de la chaussure, qui, comme sur la Tempo Next%, ont pour but principal d’améliorer l’amorti et de favoriser la propulsion vers l’avant. D’une manière générale, tout sur l’Alphafly a pour vocation à réduire la dépense énergétique et à améliorer l’économie de course. Normal quand on sait que cette chaussure est initialement conçue pour courir sur des distances longues, où le chrono se décide souvent sur les derniers kilomètres. En clair, si tu arrives plus frais (ou plutôt moins crevé) au 35ème kilomètre de ton marathon, il y a de grandes chances que tu battes ton record. C’est l’esprit de la chaussure. 

Les Air Pods, sans fil également.

Cet ajout de modules Air Zoom sous la semelle est accompagné d’une addition de mousse ZoomX. Pour ne pas trop alourdir la chaussure comparée à la Vaporfly, le mesh a été changé et allégé. L’empeigne voit ainsi son poids diminuer avec un FlyKnit encore plus léger nommé AtomKnit.

La plaque carbone (contrairement au modèle initial porté par Kipchoge à Vienne, la Alphafly commercialisée n’en possède qu’une et non trois) est un peu différente de celle présente sur la Vaporfly. Incluse dans la semelle de l’Alphafly, sa taille et son épaisseur varient selon les pointures pour ajuster au mieux la propulsion. Elle est insérée au milieu de deux couches de mousse, une en dessous et une au-dessus, contre une seule sur la Vaporfly. La taille de la semelle, le stack, est évidemment importante, atteignant en son plus haut point 40 millimètres (limite maximum autorisée par World Athletics). Cette hauteur peut légèrement déstabiliser au départ, surtout si vous aviez pour habitude de courir avec des chaussures plus minimalistes comme des Streak. Les Alphafly peuvent passer à première vue pour des gros « sabots » mais on vous rassure, ce n’est qu’un a priori : elles sont tout de même très légères (seulement 210 grammes en 42.5 !), même si un peu moins que les Vaporfly (on parle d’une différence d’une dizaine de grammes environ)

Le revêtement sous la semelle est également un peu différent : celui de l’Alphafly ressemble plus à un « pneu » et offre selon nous une meilleure adhérence que la Vaporfly sur route humide (test effectué en Bretagne donc on sait de quoi on parle).

Pour quelle utilisation ?

À son lancement, la Vaporfly était vendue comme une chaussure conçue pour le marathon. Très vite, on s’est rendu compte qu’elle était en réalité beaucoup plus polyvalente. Même sur un 3000m sur piste, on reconnaît un gain. Du 5KM au marathon, la Vaporfly apporte quelque chose : un meilleur retour d’énergie, un meilleur amorti, une meilleure économie de course… Tout cela se ressent évidemment sur le chrono final.

Dans notre article qui lui est dédiée, nous conseillions d’utiliser la Vaporfly Next% pour les compétitions sur route et pour les séances « clés » qui peuvent précéder une compétition. Notre idée était de s’habituer à courir avec la chaussure sans pour autant la porter au quotidien pour continuer à ressentir cet effet « rebond ». Ce ressort est peut-être uniquement psychologique mais il est selon nous important. De plus, trop courir avec ce type de chaussure performante (« cheatée » diront les anti carbone 😉 ) peut rendre votre pied paresseux. Il faut trouver le bon équilibre. 

Pour l’Alphafly, l’utilisation est un peu différente (même si on recommande toujours de ne pas trop en abuser !). On la conseille vraiment pour les efforts longs (semi/marathon, en dessous on conseille de rester sur la Vaporfly). Pour quelle raison ? Déjà, parce qu’elle a été conçue spécialement pour ces distances. Avant, elle n’apporte pas de vraie plus value. L’économie d’énergie apportée par les modules Air Zoom ne se ressent vraiment qu’après un certain nombre de kilomètres parcourus. Schématiquement, on va dire que c’est une chaussure qui permet de se caler à une allure et d’y rester. À l’utilisation, on trouve plus dur d’en « remettre », d’effectuer un changement d’allure qu’avec la Vaporfly, qui est plus légère. Ce ressenti est décuplé pour les coureurs moins « puissants ». A contrario, plus vous aurez de la force dans votre foulée, plus l’Alphafly sera intéressante.  

En résumé, l’Alphafly est vraiment une chaussure de seuillard pur, quand la Vaporfly est plus polyvalente.

La chaussette fait la diff’

L’avantage principal de ces chaussures réside dans l’économie d’énergie et se ressent beaucoup en lendemain de course : la fatigue musculaire est bien moins présente qu’avec d’autres modèles. Si vous voulez un peu reposer vos muscles et bénéficier d’un meilleur amorti sur vos séances, vous pouvez les chausser. Mais prenez bien en compte que la plaque et la mousse ne sont pas éternelles : vous risquez de les user !

Amorti et confort 

L’Alphafly est très confortable, mais un peu moins que la Vaporfly (en particulier la version 2). Ça se joue à peu de choses, mais on ressent moins le côté « chausson », si agréable sur la dernière nommée. L’amorti est en revanche supérieur, sans doute du fait des coussins d’air à l’avant du pied qui absorbent mieux les chocs. Sur longue distance, ce meilleur amorti peut vraiment faire la différence, en préservant vos muscles de la fatigue causée par les heurts du bitume à chaque foulée. 

Autre avantage de l’Alphafly qui intéressera seulement les triathlètes : elle est plus facile à enfiler que la Vaporfly (du moins c’est notre avis et il est partagé par plusieurs de nos connaissances), ce qui permet d’être plus efficace dans les transitions.

On privilégiera la route pour utiliser ces fusées

Dynamisme et stabilité

La Vaporfly est connue pour être très dynamique, c’est également le cas pour l’Alphafly. La sensation de « rebond » et de « bascule vers l’avant » y est encore plus présente : c’est sans doute rapport au surplus de mousse et aux pods d’air à l’avant de la semelle. En ligne droite, la propulsion est plus importante : sur une séance de fartlek nature identique, c’est en ligne droite, en « vitesse de croisière » qu’on a vraiment pu voir l’avantage procuré par l’Alphafly. En revanche elle est un peu moins stable et cela se ressent dans les virages. Sur piste par exemple, ce n’est vraiment pas agréable, à l’inverse des Vaporfly. Mais comme aucune des deux n’est autorisée sur le tartan… Ce n’est pas très grave ! 

Cette sensation de rebond et de bascule accrue peut se révéler quelque peu déconcertante sur l’Alphafly et on prend plus de temps à s’y habituer que sur la Vaporfly ou c’est quasi immédiat. C’est ce temps d’adaptation à la chaussure qui a pu gêner certains coureurs sur ce modèle, mais même si la sensation au pied peut paraître étrange, l’efficacité est au rendez-vous !

Durée de vie et positionnement prix

La durée de vie des 2 chaussures est sensiblement identique, avec un léger avantage a priori pour la Alphafly : on parle de 300km environ pour la Vaporfly et de 350-400km pour l’Alphafly avant que la technologie ne s’use et que le renvoi diminue. C’est assez peu, on est d’accord… Raison de plus pour ne pas la sur utiliser !

Côté prix, on observe désormais 50€ d’écart (au prix fort) entre les deux modèles : 250€ pour la Vaporfly 2 et 300€ pour la Alphafly. Ce sont des sommes, on ne va pas se mentir. Utilisez le code TRC5 pour économiser un peu 😉 ! (surtout si vous devez en prendre plusieurs)

Design

Là pour le coup c’est vraiment au goût de chacun. Les différences entre les deux sont assez évidentes pour qu’on n’ait pas à épiloguer. Vous aimez le côté « gros sabot »/compensées ou vous n’aimez pas, on ne jugera pas. 

Le coloris Ineos est stylé, on ne va pas se mentir.

La classe

Bilan

Vaporfly Next %

Les + 

  • Plus polyvalentes (du 5km au marathon)
  • Plus légères
  • Plus stables
  • Plus faciles à utiliser
  • Plus facile de changer de rythme

Les –

  • Moins bonne adhérence sur route humide (à la marge)
  • Durée de vie plus courte
  • Un peu moins d’économie musculaire (vrai sur longues distances, à partir du semi)

Alphafly Next% 

Les +

  • Meilleur amorti
  • Plus de sensation de rebond en ligne droite
  • Durée de vie un peu plus longue

Les – 

  • Plus lourdes (même si ça se joue à rien)
  • Temps d’adaptation pour s’y habituer
  • Moins polyvalentes
  • Plus chères
Vaporfly ou Alphafly : vous pouvez aussi choisir de ne pas choisir et prendre les deux.