UTMB 2026 : Ben Dhiman, 18h16, et une édition qui a fait exploser tous les repères
Il y a des chronos qui améliorent un record. Et il y a ceux qui rendent l’ancien illisible. Samedi 29 août, à Chamonix, l’Américain Ben Dhiman a bouclé l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en 18h16’29. Le meilleur temps précédent, signé Tom Evans un an plus tôt, était de 19h19. Une heure et trois minutes de moins. Sur 170 kilomètres et près de 9 700 mètres de dénivelé, ce genre d’écart n’est pas censé exister.
Et le plus fou n’est peut-être pas là. Derrière lui, l’intégralité du top 10 est passée sous les 20 heures, une barrière qui semblait infranchissable il y a encore quatre ans. Chez les femmes, Blandine L’Hirondel est devenue la première à descendre sous les 22 heures. Décryptage d’une édition qui a déplacé le curseur.
Ben Dhiman, le vainqueur le plus atypique du circuit
Commençons par le personnage, parce qu’il n’a rien d’un produit de filière.
Âge et origines : de l'Ohio aux Pyrénées
Ben Dhiman est né le 6 novembre 1991 aux États-Unis. Il a donc 34 ans. Il est originaire de l’Ohio et a grandi à Cincinnati, une ville où, selon sa propre formule, « on ne voit jamais une montagne de sa vie ». Il en rit d’ailleurs volontiers : quand on lui objecte que Cincinnati a bien quelques collines, il répond « deux ou trois, c’est généreux ».
Footballeur jusqu'à 20 ans, puis un genou qui lâche
Détail que peu connaissent : Ben Dhiman n’a pas grandi en courant. Il a joué au football, le vrai, de ses cinq ans jusqu’à ses vingt ans environ. C’est une blessure au genou qui met un terme à cette carrière et bouleverse ses repères. Il quitte alors l’université et enchaîne les petits boulots.
C’est de cette rupture que naît le reste. Avant le trail, il devient thru-hiker, randonneur d’expéditions au très long cours. Une aventure par an, entre un et six mois de marche continue. Diplômé pour travailler dans l’agriculture, mais, dit-il, « plutôt obsédé par l’aventure, les montagnes et les endroits hyper sauvages ».
Il estime aujourd’hui devoir à ces années de marche une bonne partie de sa robustesse physique, densité osseuse comprise. En cinq ans de pratique sérieuse, il n’a connu aucune blessure sérieuse.
Le tampon administratif qui a tout déclenché
L’origine de sa carrière tient à un détail bureaucratique, et l’histoire vaut le détour.
En 2021, le couple est en Australie quand il apprend qu’Ophélie, sa compagne française, est enceinte. Ils décident de s’installer en France. Sur son premier visa, l’administration appose une mention sans équivoque : interdiction de travailler.
Le voilà jeune père, ne parlant pas un mot de français, sans droit d’exercer un emploi. « C’était très difficile pour moi. J’étais déjà un coureur, et comme je n’avais pas le droit de travailler, je me suis dit que j’allais me mettre à fond au trail pour ma famille, pour peut-être gagner de l’argent comme ça. »
Repéré sans coach, sans programme, sans assistance
La suite est édifiante. En 2022, il finit troisième de la Diagonale des Fous. En octobre 2023, troisième du Grand Trail des Templiers. Les deux fois sans assistance, sans sponsor, sans entraîneur et sans plan d’entraînement.
C’est là que Laurent Ardito, d’Asics, l’appelle : « On te veut, c’est rare de voir un athlète qui peut faire 3e à la Diag et aux Templiers sans assistance, sans coach, sans programme. » Il lui demande son projet. Réponse immédiate : gagner l’UTMB.
Un athlète qui documente tout lui-même
Autre singularité : Dhiman alimente sa propre newsletter, The Speedhiman Substack, accessible sur bendhiman.substack.com, suivie par plus de deux mille abonnés et doublée d’un podcast. Le pseudonyme, contraction de son nom et de son passé de randonneur, dit bien d’où il vient. La presse française, elle, le surnomme plutôt « Big Ben ».
Il y publie des analyses d’entraînement très détaillées, ses « Training Breakdowns », des comptes rendus de course et des réflexions plus personnelles. C’est une mine pour qui veut comprendre sa méthode de l’intérieur, et une rareté à ce niveau : peu d’athlètes élites documentent leur préparation avec une telle transparence. Il tient également une chaîne YouTube.
Installé dans les Hautes-Pyrénées
Il vit à Bagnères-de-Bigorre, petite commune des Hautes-Pyrénées, avec sa compagne française Ophélie et leurs trois enfants : un garçon de cinq ans et des jumeaux nés moins d’un mois après l’UTMB 2025.
Le choix n’est pas que familial, il est aussi stratégique : les Pyrénées lui offrent un terrain raide, technique et chaud, idéal pour son entraînement, et surtout loin de la pression de Chamonix. Il en tire d’ailleurs une observation amusée sur l’identité des massifs français : à l’arrivée, il a entendu des spectateurs crier « c’est pour Bagnères, c’est pour les Pyrénées ». Il a entamé une demande de naturalisation française, mais refuse par avance de disputer les Championnats du monde de trail sous l’un ou l’autre drapeau, estimant que ce ne serait pas juste vis-à-vis des autres athlètes tant qu’il n’est pas français.
Un palmarès court mais dense
Un palmarès court, mais dense, à l’image d’un athlète qui ne dispute que trois à quatre courses par an.
| Année | Course | Résultat |
|---|---|---|
| 2022 | Diagonale des Fous | 3e |
| 2023 | Grand Trail des Templiers | 3e |
| 2023 | UTMB | Abandon |
| 2024 | UTMB | Abandon |
| 2025 | UTMB | 2e (19h51’37) |
| 2026 | Mont-Blanc 90K | 2e (à 40 s) |
| 2026 | UTMB | Vainqueur (18h16’29) |
Il compte également à son actif une victoire au Grand Raid Ventoux et une à la Lavaredo, cette dernière remportée en solitaire, à la manière d’un contre-la-montre, une stratégie qu’il regrette aujourd’hui.
Point notable : jusqu’à ce samedi, il n’avait jamais remporté de course Majeure, ces quatre épreuves de référence que sont la Western States, la Hardrock 100, la Diagonale des Fous et l’UTMB. À 34 ans, il coche enfin la case.
Quatre ans, quatre UTMB : la construction d'une victoire
| Année | Résultat |
|---|---|
| 2023 | Abandon |
| 2024 | Abandon |
| 2025 | 2e en 19h52 |
| 2026 | Vainqueur en 18h16’29 |
« Ce n’est pas possible d’aller aussi vite sans une certaine expérience du terrain, explique-t-il. L’une des clés de ma course, c’était d’avoir un sens intuitif de ce que je pouvais faire sur ce parcours. Et ça, on ne l’obtient pas sans y avoir déjà vécu des choses très intimes. »
L’illustration est parlante. Il raconte avoir préparé son plan nutritionnel non plus sur un tableur, mais de mémoire, les yeux fermés dans un sauna : ici tu prends un gel, là tu remplis, à cet endroit il y a une fontaine qui t’évite le ravitaillement. « C’est un avantage énorme sur ceux qui débarquent. Mais c’est une connaissance durement acquise. »
L'explication que personne n'a faite : l'échec de 2025 était nutritionnel
Voici le point le plus éclairant du dossier, et il change complètement la lecture de sa victoire.
En 2025, Dhiman s’écroule après le 100e kilomètre. Le problème n’était ni l’entraînement, ni le mental. C’était un déficit énergétique pur : « mes stocks de glycogène étaient à zéro, un budget énergétique carrément négatif ». Ni nausée ni vomissement, il a simplement pu se remettre à ingérer des glucides sans jamais parvenir à inverser la tendance.
Et la cause de ce déficit est fascinante. La météo était atroce cette année-là, et il adorait ça. Il décrit le passage du col du Bonhomme, trempé jusqu’aux os, la neige à l’horizontale : « je n’ai pas pu m’empêcher de dire qu’on avait le plus beau métier du monde. Je me sentais vivant. »
Sauf que, poursuit-il, « l’adrénaline arrive, et quand tu es dans cet état, tu n’as pas faim ». Avec Tom Evans, ils basculent le col sans s’arrêter enfiler des couches, quand les autres se couvrent. « Après ça, tu perds tes mains pendant trente minutes. » Il a savouré la tempête et oublié de manger.
Il ajoute une remarque de fin connaisseur : les problèmes gastriques si fréquents sur l’UTMB relèvent souvent du stress, « l’estomac se rebelle quand tu ajoutes une surcharge de glucides dans un corps très agité ». Ce qui explique aussi ses deux premiers abandons, où il se décrit comme « un outsider avec de grandes ambitions ».
Ce qu'il a changé cette année : trois décisions
Trente pour cent de volume en plus, moitié moins d'intensité
C’est le cœur de sa transformation. Sur ses douze dernières semaines, il a augmenté de 30 % son volume de course, sa distance et son dénivelé positif. Pour absorber une telle charge, il a fait un choix contre-intuitif : couper de moitié le travail au seuil.
Son raisonnement est d’une simplicité désarmante : « au Mont-Blanc 90K, je n’avais couru que lentement à l’entraînement, et en course je volais. Je me suis dit que je n’avais pas besoin de toute cette intensité. » D’où son mantra, devenu sa formule fétiche : « chill harder ».
Il a également ciblé sa faiblesse déclarée, le grimpé, avec 30 % de dénivelé supplémentaire. Une semaine type dans ce bloc : 200 kilomètres et 14 000 mètres de dénivelé positif.
« Il y a tellement de nuances dans l’entraînement, résume-t-il, mais en même temps les grandes lignes sont simples. Plus d’entraînement, meilleure performance. Travaille tes faiblesses. Mais entraîne aussi ce qui te fait plaisir, parce que moi, j’adore grimper. »
Sacrifier volontairement sa course de préparation
Deuxième décision, et sans doute la plus mûre. En 2025, il avait « eu besoin » de gagner la Lavaredo, qu’il avait courue comme un contre-la-montre de 100 km en solitaire. Double erreur, analyse-t-il aujourd’hui : ce n’est ni la meilleure façon d’aller vite, ni une façon de se préserver.
Cette année, il s’est donné une consigne explicite : « Ben, tu vas à cette course au milieu de ton bloc, et tu dis à tout le monde, y compris à toi-même, que ça n’a aucune importance si tu ne gagnes pas. »
Résultat : deuxième du Mont-Blanc 90K à quarante secondes, avec 200 km et 14 000 m D+ dans les jambes la semaine précédente. Puis une seule semaine de décharge avant de relancer la surcharge progressive au-dessus du niveau atteint, jusqu’à Chamonix. « J’ai pu suivre cette progression jusqu’ici sans me cramer, parce que je me sens super bien. »
Arriver frais en juillet
Sa théorie de longue date, exécutée pour la première fois cette année. « Il est essentiel d’arriver en juillet avec la capacité de remonter la charge d’entraînement. C’est toujours délicat, parce que tu arrives après les courses de début de saison, en pleine chaleur, avec de l’usure déjà dans le corps, et tu lui en demandes davantage. »
Il ne dispute que trois à quatre courses par an, avec un calendrier très délibéré, et relâche nettement l’hiver. Il s’entraîne dans les Pyrénées, sur un terrain raide, technique et chaud, choisi pour rester auprès de sa famille mais aussi pour échapper à la pression de Chamonix.
La course : un contre-la-montre de 90 kilomètres
Il visait 19h15, voire 19h10. Il a couru 18h16’29.
Le ravitaillement qui a fait basculer la course
L’écart naît d’un détail logistique. Après Les Contamines, son assistante Katy, avec qui il travaille depuis quatre courses, exécute un passage « extrêmement efficace ». Il ressort seul et se met simplement à trottiner les parties plates, en s’attendant à être repris.
Personne ne vient. « Normalement, dans ma position, ce n’est pas le gars qu’on laisse partir. Mais personne n’a essayé de me ramener. Alors je me suis dit : je ne vais pas ralentir, je vais garder un rythme régulier. Et l’écart a commencé à se creuser tout seul. »
Il se retrouve alors, selon ses mots, devant « un contre-la-montre de 90 kilomètres, ce qui n’est normalement pas conseillé ». Son analyse de cette situation est fine : « tu es dans une position forte mais délicate. Délicate parce que tu ne peux compter sur personne pour te porter dans les moments durs. Forte parce que tu décides de tout. »
La tactique : attaquer les descentes
Sa clé tactique tient en une phrase : ne pas avoir peur de pousser en descente. « Je me disais : tu peux vraiment ouvrir si tu veux, tu martèles la descente suivante et ça te fait gagner deux minutes de plus. » Il choisit littéralement où prendre du temps.
Au lac Combal, au 65e kilomètre, sa frontale est déjà anormalement détachée du chapelet de lumières. Au Grand Col Ferret, il compte 22 minutes d’avance.
Et pourtant, il avoue avoir demandé les écarts « probablement trop souvent ». Son équipe Asics avait posté des athlètes sur le parcours pour lui transmettre des informations fiables, un dispositif qui lui a aussi permis de faire préparer un bâton de remplacement après avoir cassé le sien. « Même quand l’écart grandit, je me sens vulnérable. La dernière chose que tu veux entendre, c’est que ça se réduit. À un moment on m’a dit que j’avais perdu deux minutes, et je me suis dit : mon Dieu, je m’effondre. Ce n’était pas vrai. »
La fin, et la punchline
La montée finale vers La Flégère lui coûte cher. Il y chute et n’est « plus très lucide ». « Je commençais vraiment à tout détester, alors même que j’étais en train de gagner l’UTMB. Je me disais : j’aurais pu choisir le sprint, ou n’importe quel autre métier. »
À l’arrivée, place du Triangle de l’Amitié, il lance au micro, en français, la formule qui a fait hurler de rire Chamonix : « Aujourd’hui, je n’ai montré aucun respect au parcours. »
Sur l’émotion, il est d’une honnêteté rare : il dit avoir eu du mal à se connecter à l’instant, être resté « en mode course ». Et livre une phrase qui résume l’homme : « autant je voulais gagner, autant je ne fais pas ça pour gagner. Je fais ça parce que j’aime la poursuite, le fait de faire. Le titre, c’est cool, mais ça me ressemble moins que d’être seul au milieu de la nuit. »
Comment expliquer un tel écart ? Les facteurs contextuels
Un chrono pareil appelle des explications rationnelles. Plusieurs experts s’y sont attelés, à commencer par Aurélien Dunand-Pallaz, vainqueur de la Hardrock et de la Diagonale des Fous, deuxième de l’UTMB 2021.
Le parcours a été raccourci
La trace Strava de Dhiman indique 170 kilomètres, contre 173,6 annoncés par l’organisation. Surtout, l’organisation a retiré la portion des Pyramides Calcaires, comme en 2025.
« Éviter cette portion fait gagner environ 25 minutes, mais ce n’est pas tout : une telle difficulté entraîne de la fatigue accumulée, il y a un côté double peine », explique Dunand-Pallaz. Dhiman confirme et chiffre à trente minutes le gain, tout en le regrettant : « c’est dommage qu’ils l’aient encore enlevée, j’aime bien avoir une section un peu technique en descente ».
La météo était idéale
Températures modérées de jour comme de nuit, et un départ décalé de deux heures qui a évité aux 2 500 partants de courir trempés sous les orages. Sur un ultra, ce paramètre est déterminant : la déshydratation et l’hyperthermie constituent les premiers facteurs limitants.
Les chaussures, et un facteur inattendu
« Quand on repense à Kilian qui courait avec des chaussures minimalistes… À présent, le carbone permet d’avoir des modèles très légers avec de grosses mousses », note Dunand-Pallaz. À retenir : la chaussure carbone de trail n’est arrivée qu’en 2023-2024, bien plus tard que sur route. Son potentiel est encore en phase d’exploitation.
Mais le facteur le plus surprenant vient de Simon Gosselin, l’entraîneur de Baptiste Chassagne : « Les chemins sont beaucoup plus propres maintenant sur le Tour du Mont-Blanc. Il y a tellement de gens qui passent qu’il y a de moins en moins de cailloux, je pense que ça joue sur les chronos. »
Ce que ces facteurs n'expliquent pas
Additionnez tout : environ 25 à 30 minutes de parcours, un peu de météo, un peu de matériel. On reste très loin de l’heure et trois minutes d’écart.
Le verdict des spécialistes est unanime. Simon Gosselin : « on peut penser que Ben aurait battu la barre des 19 heures sur le parcours entier. C’est clairement la plus grosse performance qu’il y a eue sur l’UTMB. » Dunand-Pallaz parle de « la perf absolue ». Caleb Olson, troisième, est plus prudent mais concède : « c’est déjà la performance la plus impressionnante de la saison ».
Les autres performances de l'UTMB 2026
Un top 10 masculin entièrement sous les 20 heures
C’est le fait statistique majeur de l’édition, et il dit tout : ce n’est pas une performance isolée, c’est un déplacement du niveau collectif.
| Place | Coureur | Temps |
|---|---|---|
| 1 | Ben Dhiman (USA) | 18h16’29 |
| 2 | Baptiste Chassagne (FRA) | 18h47’38 |
| 3 | Caleb Olson (USA) | 18h48’24 |
| 4 | Virgile Moriset (FRA) | 19h00’23 |
| 8 | Antoine Charvolin (FRA) | 19h40’33 |
Baptiste Chassagne, deuxième comme en 2024, a réalisé cette performance malgré une chute et une vingtaine de minutes de retard au passage du col Ferret. Dunand-Pallaz considère son 18h47 comme la deuxième meilleure performance de l’histoire de l’UTMB, devant Walmsley 2023, Bouillard 2024, puis Jornet, Blanchard et Evans à égalité.
Détail remarquable : Moriset et Charvolin sont passés sous les 20 heures dès leur première participation à la course reine.
L'Hirondel, première femme sous les 22 heures
Chez les femmes, Blandine L’Hirondel s’impose en 21h54’49, meilleur temps féminin de l’histoire de l’épreuve, et termine 26e au classement scratch. Le tout malgré deux chutes dans le final.
Elle réalise surtout le triplé OCC-CCC-UTMB, après ses victoires de 2021 et 2022. Elles ne sont que deux femmes à y être parvenues, avec Ruth Croft sacrée l’an dernier, et un seul homme, Xavier Thévenard. C’est également la première victoire française féminine depuis Caroline Chaverot en 2016.
Un élément explique en grande partie sa progression, et il est trop peu relevé : gynécologue obstétricienne, elle a mis sa carrière médicale en pause pour passer professionnelle. Ses deux plus grosses performances en ultra, la Diagonale des Fous 2025 et cet UTMB, suivent immédiatement ce changement de statut.
Le podium est complété par les Américaines Rachel Entrekin (22h15’54) et Emily Schmitz (22h17’28).
Les autres courses de la semaine
| Course | Hommes | Femmes |
|---|---|---|
| CCC | Cristian Minoggio (ITA) : 10h21’48 | Yngvild Kaspersen (NOR) : 12h01’14 |
| TDS | Rémy Brassac (FRA) : 19h28’43 | Sarah Vieuille (FRA) : 22h08’16 |
| OCC | Frédéric Tranchand (FRA) : 5h10’08 | Lauren Gregory (USA) : 6h08’07 |
Sarah Vieuille signe une performance remarquable en terminant 9e au scratch de la TDS. Sur l’OCC, Lauren Gregory l’emporte pour trois secondes seulement sur la Britannique Naomi Lang.
Les absents et les abandons
L’édition restera aussi marquée par une hécatombe. Forfaits avant le départ : le tenant du titre Tom Evans, Kilian Jornet, Jim Walmsley, Mathieu Blanchard, ainsi que Ruth Croft et Katie Schide chez les femmes.
En course, Vincent Bouillard, vainqueur 2024 et vainqueur de la Western States huit semaines plus tôt, a abandonné au lac Combal après 68 kilomètres. Courtney Dauwalter a également renoncé.
Dernier chiffre, avancé par le maire de Chamonix François-Xavier Laffin : près de 100 000 spectateurs se seraient déplacés sur le parcours.
Une précision indispensable : ce ne sont pas des records officiels
Il faut être rigoureux sur ce point, car beaucoup l’escamotent. Le départ ayant été retardé de deux heures et le parcours dévié pour cause d’intempéries, aucun de ces chronos n’homologue de record de l’épreuve.
Les records officiels restent ceux de Kilian Jornet (19h49’30, 2022) et Katie Schide (22h09’31, 2024), seules marques établies sur le tracé de référence complet.
On parle donc de meilleurs temps jamais courus, pas de records. En revanche, deux faits ne dépendent d’aucune homologation : Dhiman est le premier homme sous les 19 heures, et L’Hirondel la première femme sous les 22 heures.
Et maintenant ?
Dhiman ne compte pas s’arrêter là. « Je ne peux pas imaginer ne plus courir ici, j’aime trop ça. Malgré un chrono plutôt bon, je veux encore faire partie de la progression. » Il évoque la Western States et l’envie de « plusieurs victoires à l’UTMB, éventuellement ».
Il formule même un souhait qui en dit long : voir une édition où un groupe se dispute la victoire jusque dans les derniers kilomètres, avec un sprint final. « La densité du top 10 cette année montre que les gens sont en train de comprendre. »
Reste l’avertissement, et il vient de Lilian Gugliero, l’entraîneur de Blandine L’Hirondel. L’évolution des volumes d’entraînement, de leur qualité et de la récupération rend ces chronos cohérents, dit-il, « après il faut voir si ces performances vont durer. Car plus ça va vite, plus l’impact mécanique est important. Et on parle souvent plus de performance que de santé. »
FAQ
Qui a gagné l'UTMB en 2026 ?
L’Américain Ben Dhiman, en 18h16’29, le meilleur temps jamais réalisé sur l’épreuve. Chez les femmes, la Française Blandine L’Hirondel s’est imposée en 21h54’49.
Qui est Ben Dhiman ?
Un ultra-traileur américain de 34 ans, né le 6 novembre 1991, installé dans les Pyrénées françaises et membre du Team Asics. Ancien footballeur reconverti après une blessure au genou, puis randonneur au long cours, il ne s’est mis sérieusement au trail qu’en 2021.
Quel âge a Ben Dhiman ?
34 ans, né le 6 novembre 1991.
Où vit Ben Dhiman ?
À Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, avec sa compagne française et leurs trois enfants. Il a entamé une démarche de naturalisation française.
Qui est la compagne de Ben Dhiman ?
Sa compagne se prénomme Ophélie. Française, c’est elle qui explique son installation dans les Hautes-Pyrénées. Le couple a trois enfants : un garçon de cinq ans et des jumeaux, nés moins d’un mois après l’UTMB 2025. C’est en apprenant sa grossesse, alors que le couple se trouvait en Australie en 2021, que Dhiman a décidé de venir vivre en France, où l’interdiction de travailler figurant sur son visa l’a poussé vers le trail professionnel.
Quelle est la taille de Ben Dhiman ?
Elle n’est pas officiellement publiée. À vue d’œil, il se situe autour de 1,85 m, ce qui est grand pour la discipline, d’où son surnom de « Big Ben » dans la presse française.
Existe-t-il une biographie de Ben Dhiman ?
Aucun livre n’a été publié à ce jour, ni autobiographie ni ouvrage le concernant. Sa page Wikipédia, créée dans les heures suivant sa victoire à Chamonix, reste par ailleurs très sommaire.
La source la plus riche sur son parcours est donc sa propre newsletter, The Speedhiman Substack, où il raconte lui-même son entraînement, ses courses et sa trajectoire. Cet article retrace pour sa part l’essentiel de son histoire, de l’Ohio aux Hautes-Pyrénées.
Où lire le blog de Ben Dhiman ?
Sur sa newsletter The Speedhiman Substack, à l’adresse bendhiman.substack.com, où il détaille son entraînement, ses courses et ses réflexions, avec un podcast associé.
Quel est le palmarès de Ben Dhiman ?
Vainqueur de l’UTMB 2026, deuxième de l’UTMB 2025, troisième de la Diagonale des Fous 2022 et du Grand Trail des Templiers 2023, deuxième du Mont-Blanc 90K 2026. L’UTMB constitue sa première victoire sur une course Majeure.
Ben Dhiman va-t-il courir pour la France ?
Il a entamé une demande de nationalité française, mais refuse par avance de disputer les Championnats du monde de trail sous les couleurs françaises comme américaines, estimant que ce ne serait pas juste vis-à-vis des autres athlètes tant qu’il n’est pas français.
Le temps de Ben Dhiman est-il un record officiel ?
Non. Le départ ayant été retardé de deux heures et le parcours dévié pour cause d’intempéries, le chrono n’homologue aucun record. Le record officiel de l’épreuve reste celui de Kilian Jornet en 19h49’30, établi en 2022 sur le tracé complet.
Un homme à qui l’administration française avait interdit de travailler vient de courir l’UTMB plus vite que quiconque. Il l’a fait à sa quatrième tentative, après deux abandons, en mangeant correctement et en s’entraînant plus mou. Le trail de haut niveau tient parfois à des choses étonnamment simples.