Finale de la Diamond League 2026 à Bruxelles : tout ce qu'il faut savoir
Quatre mois de circuit mondial, quinze meetings, quatre continents, et au bout : deux soirées à Bruxelles pour tout décider. Les 4 et 5 septembre 2026, le stade Roi Baudouin accueille la finale de la Wanda Diamond League. Trente-deux disciplines, un trophée par épreuve, et un principe brutalement simple : peu importe ce que vous avez accompli depuis mai, tout se joue en une course. Guide complet avant le couperet.
La finale de la Diamond League, comment ça marche ?
Commençons par le principe, parce qu’il est régulièrement mal compris.
Le format winner-takes-all
Pendant toute la saison, les athlètes accumulent des points sur les meetings du circuit. Ces points ne servent qu’à une seule chose : décrocher un billet pour la finale. Une fois à Bruxelles, le compteur est remis à zéro.
Autrement dit, celui qui a survolé la saison entière et celui qui s’est qualifié de justesse arrivent avec exactement les mêmes chances. Une seule course, un seul concours, et c’est réglé. C’est cruel, c’est injuste, c’est parfait pour le spectacle.
Comment se qualifie-t-on pour la finale ?
Les points se distribuent aux huit premiers de chaque discipline lors des quatorze meetings de la saison régulière. À l’issue de la Road to the Final, les mieux classés décrochent leur place, mais le nombre de qualifiés varie selon les épreuves :
- Six à huit athlètes sur les sprints, les haies et les concours
- Dix athlètes sur les épreuves de demi-fond et de fond (1500 m, 5000 m, steeple), pour tenir compte de la nature de ces courses
Les wild cards, l'avantage du pays hôte
Détail que beaucoup ignorent : la nation organisatrice bénéficie de wild cards, des invitations qui s’ajoutent aux qualifiés au mérite. Résultat, on trouve un Belge dans la quasi-totalité des disciplines de cette finale.
Parmi eux, un nom résonne particulièrement fort à Bruxelles : Eliott Crestan, invité sur 800 m. C’est précisément lui qui, en juillet 2024, a effacé le record de Belgique du 800 m détenu depuis quarante-huit ans par… Ivo Van Damme, celui qui donne son nom au meeting. La boucle est joliment bouclée.
Autre wild card notable, l’heptathlonienne Nafissatou Thiam, invitée au saut en hauteur.
Bruxelles 2026 : dates, lieu et format
Le Mémorial Van Damme fête ses 50 ans
Le rendez-vous belge n’est pas n’importe quel meeting. L’Allianz Mémorial Van Damme célèbre cette année sa 50e édition, et il a décroché l’organisation de la finale pour marquer le coup. Bruxelles avait déjà accueilli l’exercice en 2024 ; elle remet ça en 2026, avec la charge symbolique du demi-siècle en plus.
Le décor, c’est le stade Roi Baudouin, l’ancien Heysel, une enceinte qui sait ce que veut dire une soirée d’athlétisme sous les projecteurs.
Deux jours, trente-deux disciplines
Le nombre d’épreuves étant devenu ingérable en une soirée, la finale se dispute sur deux jours, le vendredi et le samedi. Les 32 disciplines sont réparties à parts égales, seize par session, ce qui permet d’offrir à chaque épreuve une vraie fenêtre d’exposition plutôt qu’un enchaînement indigeste.
La directrice du meeting Kim Gevaert résume assez bien la chose en décrivant la finale comme une version de poche des Championnats du monde. Sur le papier, avec les meilleurs mondiaux de chaque discipline sur la ligne, c’est difficile à contredire.
Le programme complet de la finale, heure par heure
Bonne nouvelle pour les spectateurs français : Bruxelles est sur le même fuseau horaire que la France. Les horaires ci-dessous sont donc directement exploitables, sans calcul.
Vendredi 4 septembre, jour 1
| Heure | Épreuve |
|---|---|
| 18h30 | Lancer du poids femmes |
| 18h38 | Saut en longueur hommes |
| 18h49 | Lancer du disque femmes |
| 19h59 | Saut à la perche hommes |
| 20h04 | 400 m haies femmes |
| 20h09 | Saut en hauteur hommes |
| 20h14 | 100 m hommes |
| 20h23 | 3000 m steeple femmes |
| 20h37 | Lancer du disque hommes |
| 20h42 | 800 m hommes |
| 20h48 | Triple saut femmes |
| 20h55 | 110 m haies hommes |
| 21h03 | 5000 m femmes |
| 21h26 | 1500 m hommes |
| 21h41 | 200 m femmes |
| 21h52 | 400 m hommes |
Samedi 5 septembre, jour 2
| Heure | Épreuve |
|---|---|
| 18h08 | Lancer du javelot femmes |
| 18h28 | Lancer du poids hommes |
| 19h23 | Triple saut hommes |
| 19h58 | Saut à la perche femmes |
| 20h04 | 400 m femmes |
| 20h10 | Saut en hauteur femmes |
| 20h14 | 100 m femmes |
| 20h22 | 5000 m hommes |
| 20h40 | Lancer du javelot hommes |
| 20h44 | 200 m hommes |
| 20h48 | Saut en longueur femmes |
| 20h55 | 1500 m femmes |
| 21h10 | 100 m haies femmes |
| 21h20 | 3000 m steeple hommes |
| 21h39 | 800 m femmes |
| 21h52 | 400 m haies hommes |
Notez la construction : les concours ouvrent chaque soirée en début de programme, les courses s’enchaînent ensuite à un rythme soutenu entre 20h et 22h, et chaque session se referme sur un tour de piste. Le vendredi s’achève sur le 400 m hommes, le samedi sur le 400 m haies hommes. Rien n’est laissé au hasard côté dramaturgie télévisuelle.
Les rendez-vous à cocher pour les Français
Le vendredi, deux créneaux seulement, mais deux beaux : le saut à la perche hommes à 19h59 avec Baptiste Thiery face à Mondo Duplantis, puis le 800 m hommes à 20h42 avec Gabriel Tual.
Le samedi concentre l’essentiel, avec trois rendez-vous rapprochés en fin de soirée : le saut en longueur femmes à 20h48 pour Hilary Kpatcha, le 1500 m femmes à 20h55 pour Agathe Guillemot, et enfin le 800 m femmes à 21h39 pour Anaïs Bourgoin, l’une des toutes dernières courses du week-end.
Autrement dit, si vous ne deviez suivre qu’une seule soirée, ce serait le samedi. Et si vous ne deviez suivre qu’une heure, ce serait celle de 20h45 à 21h45.
Ivo Van Damme : l'histoire derrière le nom du meeting
On oublie souvent, en regardant les chronos défiler, que ce meeting porte le nom d’un mort de 22 ans. Et que sans une conversation de terrasse en 1976, il n’aurait probablement jamais existé.
Le gamin d'Etterbeek devenu vice-champion olympique
Ivo Van Damme naît le 21 février 1954 à Bruxelles, fils de gendarme, et grandit à Etterbeek. Comme beaucoup de gamins belges, il commence par le football avec son frère Dirk, au Racing White. Sauf qu’au stade Fallon, pendant les entraînements, il passe son temps à regarder les coureurs tourner sur la piste d’à côté. En 1971, à 17 ans, il lâche les crampons de foot pour les pointes et rejoint le Daring Club de Louvain.
Cinq ans plus tard, il fait partie des tout meilleurs demi-fondeurs de la planète. Aux Jeux olympiques de Montréal en 1976, il décroche coup sur coup deux médailles d’argent, sur 800 m derrière le Cubain Alberto Juantorena, puis sur 1500 m derrière le Néo-Zélandais John Walker. En finale du 800 m, il signe 1’43″86, un record de Belgique qui tiendra quarante-huit ans, jusqu’à ce qu’Eliott Crestan le batte en juillet 2024.
Le pacte passé avec des journalistes
C’est là que l’histoire devient romanesque. Avant Montréal, Van Damme croise à la terrasse d’un restaurant un groupe de journalistes sportifs, dont Wilfried Meert. Il ne rate pas l’occasion de les interpeller : pour se frotter à la concurrence, il doit aller à Oslo, à Stockholm, à Zurich. En Belgique, il n’y a rien. Quand allez-vous faire quelque chose pour mon sport ?
Les journalistes répondent du tac au tac : ramène quelque chose de Montréal, et si la fédération ne bouge toujours pas, nous organiserons ce meeting nous-mêmes.
Il ramène deux médailles d’argent.
Une nuit de décembre sur l'autoroute du Soleil
Le 29 décembre 1976, Van Damme rentre seul d’un stage d’entraînement dans le sud de la France. Il est pressé : il veut être chez lui le soir pour ne pas rater la diffusion de « Superstars », une émission où des champions de disciplines différentes s’affrontent, et dans laquelle il avait terminé troisième derrière Björn Borg et Guy Drut.
À hauteur de Bollène, il perd le contrôle de son Opel Kadett. La voiture traverse la berme centrale et percute une remorque. Il avait 22 ans, et n’avait couru que cinq mois depuis Montréal.
Les journalistes tiennent alors la promesse faite quelques mois plus tôt. En 1977, ils créent le Mémorial Van Damme. Wilfried Meert en reste aujourd’hui le président. Le parallèle avec le Prefontaine Classic d’Eugene, né en 1975 après la mort de Steve Prefontaine, saute aux yeux : deux des plus grands meetings du monde sont nés du deuil de deux jeunes hommes qu’on a comparés à James Dean.
« From Ivo to Mondo » : cinquante ans plus tard
Pour ce cinquantenaire, une exposition intitulée « From Ivo to Mondo » retrace l’histoire du meeting, de son fondateur involontaire jusqu’à Mondo Duplantis. On y trouve les pointes d’Ivo Van Damme, la tenue qu’il portait à Montréal, les albums photos de sa famille et les carnets dans lesquels il consignait méticuleusement ses entraînements et ses résultats.
Un demi-siècle après, le gamin d’Etterbeek qui réclamait un meeting à Bruxelles en aura obtenu un qui accueille la finale mondiale du circuit. Difficile de faire plus beau pied de nez au destin.
Le calendrier de la Diamond League 2026
Pour comprendre ce qui se joue à Bruxelles, il faut regarder le chemin parcouru. La Ligue de diamant, nom français du circuit, en est à sa 17e saison et enchaîne quinze meetings d’athlétisme sur quatre continents.
| Date | Meeting | Pays |
|---|---|---|
| 16 mai | Shanghai / Keqiao | Chine |
| 23 mai | Xiamen | Chine |
| 31 mai | Rabat | Maroc |
| 4 juin | Rome | Italie |
| 7 juin | Stockholm | Suède |
| 10 juin | Oslo | Norvège |
| 19 juin | Doha | Qatar |
| 28 juin | Paris | France |
| 4 juillet | Eugene | États-Unis |
| 10 juillet | Monaco | Monaco |
| 18 juillet | Londres | Royaume-Uni |
| 21 août | Lausanne | Suisse |
| 23 août | Silésie | Pologne |
| 27 août | Zurich | Suisse |
| 4-5 septembre | Bruxelles — FINALE | Belgique |
Quelques repères sur ces étapes. Doha et Rabat constituent les rendez-vous historiques du circuit hors Europe, le meeting marocain étant la seule escale africaine. Lausanne et son Athletissima, disputé au stade olympique de la Pontaise, reste l’un des meetings les plus anciens et les plus courus du calendrier. Zurich, avec Weltklasse, est l’autre place forte suisse et a longtemps accueilli la finale. Quant à Londres, son meeting du 18 juillet restera dans l’histoire : c’est là que Josh Kerr a battu le record du monde du mile en 3’42″66.
Le classement de la Diamond League : comment lire la Road to the Final
Le classement du circuit, appelé Road to the Final, se construit meeting après meeting. À chaque étape, les huit premiers de chaque discipline marquent des points, du vainqueur au huitième.
C’est ce cumul, et lui seul, qui détermine les qualifiés pour Bruxelles. Un athlète peut donc dominer sa saison sans jamais gagner une seule fois, à condition d’être régulièrement placé. À l’inverse, un athlète qui gagne deux meetings puis disparaît peut rester à quai.
Le classement actualisé est consultable en permanence sur le site officiel du circuit, et il devient franchement addictif dans les dernières semaines, quand quelques points séparent le huitième du neuvième.
L'historique de la finale de la Diamond League
Le format actuel n’a rien d’originel, et son histoire éclaire pas mal de choses.
De la Diamond Race à la finale unique
À sa création en 2010, le circuit fonctionnait selon le principe de la Diamond Race : les points s’accumulaient toute la saison, avec des points doublés lors des dernières étapes, et le vainqueur au cumul remportait le trophée. Pas de finale couperet, donc, mais un classement général à la manière du cyclisme.
En 2017, World Athletics change son fusil d’épaule et adopte un format championnat. Les meetings deviennent des qualifications, et tout se joue lors de finales. Pendant quelques saisons, celles-ci sont scindées en deux, entre Zurich et Bruxelles, chaque ville accueillant la moitié des disciplines.
Zurich, Eugene, Bruxelles : la rotation moderne
Depuis 2021, la finale est unique et se dispute sur deux jours, le nombre de disciplines rendant impossible une soirée unique. Elle tourne entre les grandes places du circuit : Zurich, puis Eugene aux États-Unis en 2023, Bruxelles en 2024, retour à Zurich en 2025 au stade du Letzigrund les 27 et 28 août, et de nouveau Bruxelles cette année.
Les Français et la Ligue de diamant : un club très fermé
Voilà une statistique qui remet les choses en perspective. Depuis la création du circuit en 2010, seuls cinq athlètes français ont décroché le Diamond Trophy.
| Athlète | Discipline | Titres |
|---|---|---|
| Renaud Lavillenie | Saut à la perche | 7 (2010 à 2016) |
| Teddy Tamgho | Triple saut | 1 (2010) |
| Pascal Martinot-Lagarde | 110 m haies | 1 (2014) |
| Sasha Zhoya | 110 m haies | 1 (2024) |
| Jimmy Gressier | 3000 m | 1 (2025) |
Autrement dit, Renaud Lavillenie représente à lui seul sept des onze trophées français. Sept saisons consécutives de domination sur le saut à la perche du circuit, entre 2010 et 2016. Une anomalie statistique dans l’histoire de l’athlétisme tricolore, et le rappel de ce qu’a été le règne du Clermontois avant l’ère Duplantis. Sa marque de sept trophées constitue d’ailleurs le record absolu du circuit, toutes nationalités confondues, et Noah Lyles est aujourd’hui en chasse.
Gressier, le dernier entré dans le club
Le cinquième nom de cette liste est le plus frais, et sans doute le plus parlant pour la génération actuelle. Le 28 août 2025, sur la piste du Letzigrund à Zurich, Jimmy Gressier a remporté le 3000 m de la finale en 7’36″78, au terme d’un sprint hallucinant.
Le scénario mérite d’être raconté. Placé dans le peloton de tête à l’entrée du dernier virage, le Boulonnais attend le démarrage du Suédois Andreas Almgren avant de lâcher ses dernières forces. Il déborde l’Américain Grant Fisher, médaillé olympique, et tient jusqu’à la ligne. L’écart final ? Trois centièmes sur Fisher, quatre sur Almgren. Le tout avec un dernier 400 m avalé en 54″78.
Lui qui avait longtemps la réputation de craquer dans les moments décisifs venait de régler deux mastodontes au sprint. Deux semaines plus tard, il devenait champion du monde du 10 000 m à Tokyo. Le lien de cause à effet est difficile à ignorer.
Zhoya, le précédent bruxellois qui donne des idées
Et voici le détail qui rend cette édition savoureuse. La dernière fois que la finale s’est tenue à Bruxelles, en 2024, un Français l’a emportée. Sur 110 m haies, Sasha Zhoya a profité de l’absence de l’épouvantail Grant Holloway pour s’offrir le Diamond Trophy, devenant à l’époque le quatrième Bleu de l’histoire à y parvenir, et le premier depuis Martinot-Lagarde dix ans plus tôt, sur la même distance.
Un héritage qui a du sens : sur les quatre trophées français hors perche, deux ont été remportés sur les haies hautes. C’est visiblement là que la France sait faire.
Une habitude de fin de saison
La délégation tricolore est devenue une habituée de l’exercice. Ils étaient neuf à Bruxelles en 2024, emmenés par Zhoya, Cyréna Samba-Mayela, Gabriel Tual et Rénelle Lamote. Ils étaient sept à Zurich l’an dernier : Azeddine Habz, Renaud Lavillenie, Jimmy Gressier, Agathe Guillemot, Nicolas-Marie Daru, Anaïs Bourgoin et Hilary Kpatcha.
Autrement dit, deux des cinq trophées français ont été décrochés lors des deux dernières éditions. La tendance est encourageante, et elle donne du sens à la présence tricolore attendue cette année.
Le prize money : combien gagne le vainqueur ?
C’est l’un des arguments du circuit, et il a été revu à la hausse cette saison.
La dotation de la finale
Sur l’ensemble de la saison 2026, la Diamond League distribue 9,24 millions de dollars. La finale de Bruxelles concentre à elle seule 2,24 millions, contre 500 000 dollars pour chacun des quatorze meetings de série.
Concrètement, la dotation par discipline se situe entre 60 000 et 100 000 dollars à Bruxelles, contre 30 000 à 40 000 sur un meeting classique. Le vainqueur d’une discipline standard empoche 30 000 dollars, et la somme est identique chez les hommes et chez les femmes, le circuit appliquant une stricte parité des primes.
Les disciplines Diamond+, le jackpot
Introduites en 2025, les disciplines Diamond+ sont des épreuves sélectionnées où les primes sont doublées. Nouveauté 2026 : leur nombre est passé de quatre à huit par meeting, ce qui élargit sérieusement le nombre d’athlètes concernés.
Dans ces disciplines, le vainqueur de la finale repart avec 60 000 dollars. En additionnant les primes promotionnelles versées aux têtes d’affiche, le circuit annonce environ 18 millions de dollars reversés aux athlètes sur l’ensemble de la saison.
Les enjeux : bien plus qu'un chèque
Et c’est là que ça devient intéressant, parce que l’argent n’est pas le seul motif de venir à Bruxelles.
Le Diamond Trophy et la wildcard mondiale
Le vainqueur de chaque discipline est sacré champion de la Diamond League et repart avec l’iconique Diamond Trophy. Il décroche également, sous conditions, une wildcard pour les Championnats du monde. Pour un athlète en délicatesse avec les minima de sa fédération, c’est une porte d’entrée qui vaut de l’or.
Le ticket direct pour Budapest
Voici l’élément que beaucoup oublient, et il change complètement la lecture de ce week-end. Les Ultimate Championships, la nouvelle compétition de World Athletics, se tiennent à Budapest du 11 au 13 septembre, soit six jours seulement après Bruxelles. Or les vainqueurs de la Diamond League 2026 obtiennent une invitation automatique pour cette compétition, aux côtés des champions olympiques 2024 et des champions du monde 2025.
Traduction : gagner à Bruxelles le 5 septembre, c’est valider dans la foulée son billet pour un rendez-vous doté de dix millions de dollars, avec 150 000 dollars pour chaque vainqueur. Rarement une victoire aura eu autant de conséquences en aussi peu de temps.
Reste la question de la gestion, parce qu’enchaîner deux finales majeures en huit jours n’a rien d’anodin. Certains arriveront à Budapest lessivés, d’autres lancés. C’est aussi ça, l’intérêt de la séquence.
Ce que la saison 2026 a déjà produit
Avant d’arriver à Bruxelles, le circuit a livré quelques soirées d’anthologie qui donnent une idée du niveau attendu.
Le meeting de Paris, le 28 juin à Charléty, restera comme l’un des sommets de l’année : Mondo Duplantis y a franchi 6,13 m, la Suissesse Audrey Werro a bouclé un 800 m en 1’53″80, l’Australien Cameron Myers a signé 3’28″00 sur 1500 m, tandis que Marileidy Paulino et Collen Kebinatshipi pulvérisaient les records du circuit sur 400 m. Trois records de la Diamond League en une seule soirée.
Le 18 juillet à Londres, Josh Kerr a effacé un record du monde vieux de vingt-sept ans en courant le mile en 3’42″66, premier homme sous les 3’43.
Et le 23 août en Silésie, l’Américain Ethan Strand a rappelé que le circuit sert aussi à faire émerger des noms nouveaux, en devançant Jakob Ingebrigtsen et Cole Hocker sur 1500 m.
Les séries en cours à surveiller
Deux compteurs méritent l’attention à Bruxelles. Mondo Duplantis vise un sixième Diamond Trophy consécutif au saut à la perche, ce qui commencerait à ressembler à une habitude. Quant à la Néerlandaise Femke Broeders-Bol, elle a réussi son pari du changement de distance : deuxième du classement du 800 m avec 28 points, elle sera de la partie samedi soir face à Audrey Werro.
En revanche, Noah Lyles ne sera pas là. L’Américain, qui pouvait égaler le record absolu de sept trophées détenu notamment par Renaud Lavillenie, n’est qualifié ni sur 100 m ni sur 200 m. Le record du Clermontois tiendra donc au moins une saison de plus.
Les athlètes et les épreuves à suivre
Les startlists officielles sont désormais publiées, et elles confirment un plateau exceptionnel. Voici les rendez-vous à ne pas manquer.
Quarante champions du monde ou olympiques en titre
Le chiffre est vertigineux et il vient des organisateurs : quarante athlètes sacrés aux Jeux de Paris 2024 ou aux Mondiaux de Tokyo 2025 seront sur la piste ce week-end. Trois d’entre eux sont même champions du monde et olympiques en titre simultanément : Mondo Duplantis à la perche, Valarie Sion au disque et Emmanuel Wanyonyi sur 800 m.
Le demi-fond, le vrai cœur de cette finale
C’est probablement là que se joueront les plus belles courses du week-end.
Le 800 m hommes aligne Emmanuel Wanyonyi, l’homme qui a fait basculer la distance dans une autre dimension et qui vise le doublé mondial-olympique-Diamond League. Le Français Gabriel Tual, cinquième de la Road to the Final avec 18 points, aura fort à faire. Rendez-vous vendredi à 20h42.
Le 1500 m hommes, vendredi à 21h26, est peut-être la course la plus dense du programme. Yared Nuguse écrase le classement du circuit avec 43 points, mais il retrouvera Cole Hocker, champion olympique du 1500 m à Paris et champion du monde du 5000 m à Tokyo. Un titre olympique contre une domination de saison.
Et c’est précisément dans cette course que se glisse Jakob Ingebrigtsen. Contre toute attente, le Norvégien s’aligne sur le 1500 m et non sur le 5000 m. Revenu d’une opération du tendon d’Achille, il n’a repris la compétition qu’en août, avec un titre européen à Birmingham puis une quatrième place en Silésie. Son chrono de la saison, 3’31″19, reste très loin de son record d’Europe à 3’26″73. Sept jours avant les Ultimate Championships de Budapest, Bruxelles ressemble pour lui à un galop d’essai grandeur nature.
Ajoutez l’Australien Cameron Myers, numéro un mondial avec ses 3’28″00 signés à Paris, l’Américain Ethan Strand qui vient de devancer Ingebrigtsen et Hocker en Silésie, le Kényan Timothy Cheruiyot et Phanuel Kipkosgei Koech et ses 3’27″72, et vous obtenez quatorze coureurs pour une seule course. Sans repêchage.
Le 5000 m hommes, samedi à 20h22, aligne pour sa part le Bahreïni Birhanu Balew et l’Américain Grant Fisher, vainqueur à Paris cette saison, avec le Français Mounir Akbache dans le peloton.
Le 800 m femmes, samedi à 21h39, s’annonce comme un sommet. La Suissesse Audrey Werro a signé cette saison les troisième, quatrième et cinquième meilleurs temps de l’histoire sur la distance, avec un record personnel à 1’53″70. En face, la Néerlandaise Femke Bol a réussi une reconversion spectaculaire du 400 m haies vers le 800 m, bouclée en 1’54″71 dès sa première saison, au point d’effacer le record national d’Ellen van Langen. Deux femmes sous les 1’55 » sur la même ligne : c’est rarissime. La Sud-Africaine Prudence Sekgodiso complète le trio de tête probable.
Le 1500 m femmes, samedi à 20h55, est dominé par l’Australienne Jessica Hull, dont le record personnel à 3’50″83 la place dans une catégorie à part. Derrière, la Kényane Dorcas Ewoi, la Britannique Georgia Hunter Bell et l’Éthiopienne Birke Haylom se disputeront le podium. Agathe Guillemot défendra les couleurs tricolores avec son record de France en 3’56″24, neuvième mondiale.
Enfin, le 3000 m steeple réunit ses deux monarques : le Marocain Soufiane El Bakkali, double champion olympique, et la Bahreïnie Winfred Yavi, accompagnée de la championne du monde Faith Cherotich.
Duplantis face à ses challengers
L’attraction reste la même, mais elle est moins tranquille qu’il n’y paraît. Mondo Duplantis arrive à Bruxelles avec un record du monde porté à 6,31 m à Uppsala cette saison, et quatre concours au-dessus de 6,20 m. Le chiffre qui résume sa domination : aucun autre athlète de l’histoire n’a jamais franchi 6,17 m.
Sauf qu’il a été battu par Kurtis Marschall à Stockholm, et que le Grec Emmanouil Karalis l’a poussé jusqu’à 6,16 m à Lausanne. Ajoutez Sam Kendricks, vainqueur à Londres, et vous obtenez un concours qui n’a rien d’une formalité. Vendredi, 19h59, avec le Français Baptiste Thiery.
Les sprints et les haies, trois recordmen du monde
Trois détenteurs de records du monde tout frais seront sur la piste.
Ja’Kobe Tharp, 20 ans, dispute vendredi à 20h55 sa toute première finale à Bruxelles. Et l’histoire est belle : son record du monde du 110 m haies, 12″75 le 10 juin, a effacé de cinq centièmes celui d’Aries Merritt, établi précisément à Bruxelles en 2012. Il revient donc battre le record là où il était né.
Masai Russell sur 100 m haies et Alison dos Santos sur 400 m haies ont tous deux battu leur record du monde à Zurich la semaine dernière. Surprise de taille toutefois : Karsten Warholm ne figure pas sur la startlist. Le Brésilien s’élancera donc sans son grand rival samedi soir, face notamment au Qatari Abderrahman Samba et au Nigérian Ezekiel Nathaniel.
Côté sprint pur, le plateau aligne Julien Alfred, auteur cette année du troisième temps de l’histoire sur 200 m, Sha’Carri Richardson, Oblique Seville, Letsile Tebogo, ainsi que Kenny Bednarek face au Sud-Africain Sinesipho Dambile.
Vingt et un Belges et un record de 2006 dans le viseur
Grâce aux wild cards, vingt et un Belges disputeront cette finale. Parmi eux, l’heptathlonienne Nafissatou Thiam à la hauteur, Noor Vidts à la longueur, et les médaillés européens de Birmingham : Jana Van Lent sur 5000 m, Saliyya Guisse au triple saut, Simon Verherstraeten et Delphine Nkansa sur 100 m.
Cette dernière est à surveiller de près. Elle a couru 11″06, 11″07 et 11″09 à Birmingham, et vise le record de Belgique de 11″04, détenu depuis 2006 par… Kim Gevaert, aujourd’hui directrice du meeting. Qui avoue préférer que son record tombe à Bruxelles, pour le voir de ses propres yeux.
Les Français engagés
La startlist officielle réserve deux surprises par rapport au classement Road to the Final. Six Bleus figurent finalement sur les plateaux. Un contingent en recul, puisqu’ils étaient sept à Zurich l’an dernier et neuf lors de la précédente édition bruxelloise en 2024.
| Athlète | Épreuve | Jour et heure |
|---|---|---|
| Baptiste Thiery | Saut à la perche | Vendredi, 19h59 |
| Gabriel Tual | 800 m | Vendredi, 20h42 |
| Yanis Meziane | 800 m | Vendredi, 20h42 |
| Mounir Akbache | 5000 m | Samedi, 20h22 |
| Hilary Kpatcha | Saut en longueur | Samedi, 20h48 |
| Agathe Guillemot | 1500 m | Samedi, 20h55 |
Trois Français le vendredi, trois le samedi. Aucun ne figure dans le top 4 mondial de sa discipline : ils arrivent tous avec un statut d’outsider.
Autre constat, plus structurel : les engagés se répartissent entre le demi-fond et les sauts. Aucun Français sur les sprints, les haies ou les lancers, disciplines où la France comptait pourtant des finalistes olympiques il y a peu.
Après une saison 2025 gâchée par les blessures, Gabriel Tual a retrouvé des couleurs cette année, avec 1’43″66 au compteur. Il ne sera pas seul : Yanis Meziane, 1’43″96 cette saison, découvre à ce niveau un plateau réunissant les trois meilleurs mondiaux. Sur 5000 m, Mounir Akbache complète la délégation.
Baptiste Thiery a signé le plus haut saut de sa carrière à Paris fin juin, avec 5,93 m et une deuxième place derrière Mondo Duplantis. Il devient à cette occasion le sixième meilleur performeur français de tous les temps, et retrouvera le Suédois vendredi soir.
Chez les femmes, Agathe Guillemot portera seule les couleurs du demi-fond tricolore, avec son record de France en 3’56″24 établi lors de cette soirée parisienne du 28 juin. Hilary Kpatcha, sixième mondiale à la longueur avec 6,98 m, incarne pour sa part la meilleure chance française sur un concours.
Hilary Kpatcha complète le contingent au saut en longueur, discipline où elle représente la meilleure chance française de podium sur un concours.
L'absent de marque : Gressier ne défendra pas son trophée
Voilà le vrai coup de théâtre de cette Road to the Final. Jimmy Gressier, vainqueur du Diamond Trophy l’an dernier à Zurich, n’est pas qualifié pour Bruxelles.
Le champion du monde du 10 000 m paie une double peine. D’abord, le 3000 m sur lequel il s’était imposé en 2025 ne figure pas au programme bruxellois, ce qui l’obligeait à basculer sur 5000 m. Ensuite, son été n’a pas été à la hauteur de ses ambitions sur le circuit : septième du 5000 m à Paris en 12’57″79, il n’avait pas caché sa déception, promettant une victoire pour la suite.
Il n’aura donc pas l’occasion de conserver son bien. Une absence d’autant plus frappante qu’il reste, avec son titre mondial et son bronze européen de Birmingham, le visage le plus identifiable de l’athlétisme français actuel.
Autres absents notables côté français : Azeddine Habz, pourtant régulier sous les 3’30 sur 1500 m cette saison, Alizée Minard au javelot et Cyréna Samba-Mayela sur les haies.
Et la France est loin d’être seule concernée. Les listes officielles réservent quelques surprises de taille : Jakob Ingebrigtsen, Josh Kerr et Noah Lyles ne sont pas qualifiés non plus. Pour le sprinteur américain, cela signifie que sa quête d’un septième trophée, qui aurait égalé le record de Renaud Lavillenie, devra attendre au moins un an.
Comment suivre la finale de la Diamond League en direct ?
En France, la diffusion est assurée par le groupe L’Équipe, partenaire du circuit, avec une retransmission en clair sur la chaîne L’Équipe et sur L’Équipe live, l’espace TV accessible depuis le site et l’application. La chaîne YouTube officielle de la Wanda Diamond League complète le dispositif selon les territoires.
Les résultats en temps réel sont publiés sur le site officiel du circuit tout au long des deux soirées.
FAQ
Quand a lieu la finale de la Diamond League 2026 ?
Les 4 et 5 septembre 2026, au stade Roi Baudouin de Bruxelles, dans le cadre de l’Allianz Mémorial Van Damme.
Comment fonctionne la finale de la Diamond League ?
Les athlètes accumulent des points durant la saison pour se qualifier, puis tout se joue en une seule épreuve à Bruxelles. Les points de la saison ne comptent plus : c’est un format winner-takes-all.
Combien gagne le vainqueur de la Diamond League ?
30 000 dollars dans une discipline standard, 60 000 dollars dans une discipline Diamond+, plus le Diamond Trophy.
Combien de disciplines à la finale ?
32 disciplines, réparties sur les deux soirées.
Que gagne-t-on d'autre en remportant la Diamond League ?
Le Diamond Trophy, une wildcard pour les Championnats du monde sous conditions, et une invitation automatique pour les Ultimate Championships de Budapest, qui se tiennent six jours plus tard.
Pourquoi le meeting de Bruxelles s'appelle-t-il Mémorial Van Damme ?
En hommage à Ivo Van Damme, demi-fondeur belge double vice-champion olympique à Montréal en 1976, mort dans un accident de la route à 22 ans en décembre de la même année. Le meeting a été créé en 1977 par un groupe de journalistes pour honorer sa mémoire.
Quels Français ont déjà gagné la Diamond League ?
Cinq : Renaud Lavillenie (perche, sept titres de 2010 à 2016), Teddy Tamgho (triple saut, 2010), Pascal Martinot-Lagarde (110 m haies, 2014), Sasha Zhoya (110 m haies, 2024) et Jimmy Gressier (3000 m, 2025).
Où aura lieu la finale de la Wanda Diamond League ?
Au stade Roi Baudouin de Bruxelles, en Belgique, dans le cadre de l’Allianz Mémorial Van Damme.
Quand aura lieu la prochaine Diamond League ?
La saison 2026 s’achève avec la finale de Bruxelles les 4 et 5 septembre. Le circuit reprendra ensuite au printemps suivant, généralement à la mi-mai, pour une nouvelle campagne de quinze meetings.
À quelle heure se déroule le meeting de la Diamond League à Londres ?
Le meeting londonien, disputé le 18 juillet 2026, se tient traditionnellement en début d’après-midi, heure britannique, avec une session principale s’étalant sur environ deux heures. Les horaires précis épreuve par épreuve sont publiés sur le site officiel du meeting dans les jours précédant la compétition.
Où regarder la finale de la Diamond League ?
Sur la chaîne L’Équipe et sur L’Équipe live, en clair et sans abonnement.
Deux soirées, trente-deux trophées, et des athlètes qui savent qu’une seule course peut effacer ou couronner quatre mois de saison. Bruxelles fête ses cinquante ans de la meilleure des manières : en organisant la soirée où tout le monde a quelque chose à perdre